Les réseaux de téléphonie cellulaire peuvent mesurer la pluie

Publié le par UFO

Un article paru dans Science du 5 mai, le relate : l'Israélien Hagit Messer et ses collaborateurs de l'université de Tel-Aviv ont réussi à mesurer des précipitations grâce à des données collectées sur un réseau de téléphonie mobile.
La méthode utilisée peut paraître assez triviale car "on sait depuis longtemps que l'atténuation d'un signal radio est directement lié à la quantité de pluie sur le trajet, et on sait également très bien le modéliser", note Jacques Parent du Châtelet, responsable des développements radars au sein de la direction des systèmes d'observation à Météo France.

Il a donc suffi à l'équipe d'Hagit Messer de passer à la preuve par l'expérience. Essai plutôt réussi puisque les données obtenues sont comparables à celles relevées par un réseau de pluviomètres sur la région étudiée.

Les méthodes étaient certes déjà connues. Ainsi, aux Pays-Bas, à l'université Wageningen, Hidde Leijnse et son équipe ont travaillé sur les variations de micro-ondes - les mêmes que celles des portables - d'un réseau qu'ils avaient eux-mêmes mis en place.

L'expérience israélienne n'en reste pas moins une première du genre. La nouveauté réside, notamment, dans l'utilisation d'un réseau industriel et, qui plus est, très dense. D'autre part, "l'intérêt de ce système est qu'il permet d'obtenir des mesures plus précises que celles obtenues avec les radars car elles sont plus directes. En revanche, elles ne pourront égaler les résolutions spatio-temporelles obtenues par radar", ajoute Jacques Parent du Châtelet.

Que ce soit pour localiser les phénomènes météorologiques dangereux pour le trafic aérien ou pour prévoir les inondations, la mesure des précipitations représente un enjeu majeur.

Aujourd'hui, deux systèmes sont majoritairement utilisés pour mesurer les précipitations : les pluviomètres et les radars météorologiques. Les premiers reviennent assez cher alors que les radars, eux, n'offrent pas de mesures assez précises.

Deux défauts que pourrait pallier en partie le recours à la téléphonie. Comme le note Hidde Leijnse, "le réseau cellulaire pourrait offrir un outil complémentaire intéressant". Pour Jacques Parent du Châtelet, "le gros intérêt de cette méthode, c'est que, en théorie, c'est gratuit".

En théorie seulement, parce que, en pratique, la méthode nécessitera d'obtenir les données des opérateurs de téléphonie mobile, qui n'ont pas la réputation d'être philanthropes.



Source : LeMonde.fr

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