IRAN - La Maison-Blanche serait prête à utiliser des bombes nucléaires

Publié le par UFO

Alors que Téhéran est soumis aux pressions de la communauté internationale pour suspendre son programme nucléaire, la presse des Etats-Unis fait état de plans de frappes militaires américaines visant plusieurs centaines de cibles en Iran. Des révélations démenties par le président Bush.

"De sources officielles, les stratèges du Pentagone et de la CIA ont étudié plusieurs options de frappes militaires sur l'Iran et les cibles possibles, notamment l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz et le centre de conversion d'uranium d'Ispahan. Bien qu'une invasion sur le terrain ne soit pas envisagée, les officiers militaires élaborent plusieurs cas de figure, allant de frappes aériennes limitées à des cibles de sites nucléaires majeurs à une campagne de bombardements plus massifs afin de détruire le dispositif militaire et des cibles politiques", rapporte le Washington Post.

Le journal américain rappelle que la Maison-Blanche avait déjà qualifié, le mois dernier, dans sa nouvelle stratégie de sécurité nationale, l'Iran comme la plus sérieuse menace posée aux Etats-Unis par un pays. Téhéran est suspecté de développer son programme d'enrichissement d'uranium en vue de fabriquer une bombe nucléaire. La communauté internationale exige de son côté, par le biais de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et du Conseil de sécurité des Nations unies, que l'Iran abandonne son programme nucléaire.

Dans ce contexte, Seymour M. Hersh publie dans The New Yorker une enquête approfondie sur les plans en gestation concernant l'Iran. D'après ce journaliste d'investigation, "il y a le sentiment croissant au sein de l'armée américaine et de la communauté internationale que l'objectif final du président Bush dans la crise nucléaire avec l'Iran est le changement de régime dans ce pays". Hersh révèle que le président a réalisé plusieurs discussions avec quelques sénateurs et membres importants du Congrès, dont au moins un démocrate, autour de l'Iran. Or lors de ces réunions où "personne n'est fondamentalement opposé à la guerre", "la chose la plus inquiétante est que Bush a une vision messianique", rapporte The New Yorker.

"Certaines opérations, visant apparemment à intimider l'Iran, sont en cours", avance le journaliste. D'après les estimations du colonel Sam Gardiner, un expert militaire américain, pour détruire le programme nucléaire iranien, il faudrait s'attaquer à plus de 400 cibles. Mais ces dernières étant parfois enfouies à plusieurs mètres sous terre, elles nécessitent l'usage de bombes particulièrement puissantes comme les armes nucléaires tactiques. "L'une des cibles est la principale usine de centrifugeuses à Natanz, à environ 320 kilomètres au sud de Téhéran. L'usine, qui n'est plus garantie par le contrôle de l'AIEA, aurait un étage souterrain ayant la capacité de contenir 50 000 centrifugeuses ainsi que des laboratoires et espaces de travail enterrés à plus de 20 mètres sous terre." Un tel nombre de centrifugeuses permettrait la production de suffisamment d'uranium enrichi pour fabriquer 20 têtes nucléaires chaque année.

Face à ce genre de cibles bunkerisées et à la nécessité de les détruire totalement, le recours à des armes nucléaires tactiques est donc à l'ordre du jour, poursuit Hersh. Néanmoins, "l'attention portée à l'option nucléaire a créé de profonds désaccords au sein des services de l'état-major américain dont certains officiers ont menacé de démissionner". En revanche, le Bureau scientifique du ministère de la Défense, un organe consultatif dont les membres ont été nommés par le ministre Donald Rumsfeld, recommande de "considérer les armes nucléaires tactiques comme une partie essentielle de l'arsenal américain et souligne leur efficacité 'pour les occasions où la destruction sûre et rapide de cibles de haute importance est essentielle mais au-dessus des capacités des armes conventionnelles'". Par ailleurs, ajoute le magazine, si le nombre de cibles risque d'augmenter, selon des sources militaires américaines, il n'en reste pas moins que 99 % de ces cibles n'ont rien à voir avec la non-prolifération.

Réagissant à ces révélations qu'il a qualifiées de "pure spéculation", le président Bush a nié que son administration prépare une action militaire en Iran.


Source : Philippe Randrianarimanana, Courrier International

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