L'Assemblée vote l'amendement créant le CPE

Publié le par UFO



PARIS (Reuters) - A l'issue de longs débats, les députés ont adopté dans la nuit de mercredi à jeudi par 51 voix (UMP) contre 23 (PS-PCR-UDF-Verts) l'amendement gouvernemental qui crée, dans le cadre du projet de loi sur l'égalité des chances, le "contrat première embauche" (CPE).

Seul le groupe UMP, qui dispose à lui seul de la majorité absolue, a voté pour l'amendement. Les groupes PS, PCR et UDF, qui estiment que ce nouveau contrat va "institutionnaliser la précarité des jeunes", ont voté contre.

Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, a estimé que le vote de cet amendement était "un acte législatif particulièrement grave". "C'est une loi pour faciliter le licenciement", a-t-il déclaré.

"Vous voulez institutionnaliser la précarité des jeunes" a accusé pour sa part Daniel Paul (PCR). "C'est une loi de régression", a-t-il ajouté. "Le CPE est un contrat précaire, il ne règlera rien. C'est une mauvaise réponse", a déclaré quant à lui Francis Vercamer (UDF).

"Les mesures proposées par le gouvernement vont toutes dans le sens de sortir les jeunes de la précarité", a affirmé Alain Joyandet (UMP). "C'est un plus pour l'avenir des jeunes."

"Nous construisons un nouveau compromis social entre les réalités d'un monde économique qui a besoin de fluidité, de besoin de sécurisation des parcours professionnels. Le CPE apporte sa pierre dans la bataille pour l'emploi", a déclaré Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi.

Auparavant, l'Assemblée avait rejeté quelque 80 sous-amendements déposés sur cet amendement par l'opposition de gauche et l'UDF.

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Le CPE est un contrat à durée indéterminée (CDI) destiné aux jeunes de moins de 26 ans. Il est assorti d'une période d'essai de deux ans au cours de laquelle l'employeur peut licencier sans motif avec un préavis de quinze jours.

Le CPE est vivement dénoncé par la gauche, l'UDF, les syndicats et plusieurs organisations de lycéens et d'étudiants. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté mardi à travers la France pour demander son retrait.

L'examen du projet de loi sur l'égalité des chances se poursuivra jeudi. La Conférence des présidents a ouvert mardi matin de nouvelles séances jusqu'au week-end, inclus, afin que le débat puisse aller jusqu'à son terme.

Seuls trois articles ont été adoptés jusqu'ici sur la trentaine que compte le texte. Il reste 378 amendements à examiner.

Le Parlement suspendant ses travaux la semaine prochaine à l'occasion des vacances d'hiver, les députés se prononceront sur l'ensemble du texte le mardi 21 février, le Sénat devant l'examiner à son tour à partir du 28 février.

A moins que le gouvernement ne décide, si l'opposition devait continuer sa "guérilla" parlementaire, de recourir au "49-3", une procédure qui permet d'abréger les débats et de faire adopter un texte sans vote.

L'opposition a d'ores et déjà annoncé que, dans ce cas, elle répliquerait par le dépôt d'une motion de censure.


Source : Yahoo! Actualités


Note de moi : On sent bien que la gauche est fortement mobilisée contre ce projet en ne présentant que 23 députés au moment du vote ! Ils sont où les autres ?

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UFO 10/02/2006 00:47

je viens d'avoir la réponse sur I télé de l'urgence de la situation : la semaine prochaine, c'est les vacances parlementaires. (!!!!)

ecriture 09/02/2006 20:35

et nous qu'avons nous à dire??? de Villepin, ce fourbe qui sort son as en pleine action. Résultat au nom du peuple et sous couvert du gouvernement, la loi sur l'égalité des chances dont fait partit le CPE, vient d'être votée dans l'urgence. Je dis qu'il est urgent de réagir!

Fredogino 09/02/2006 18:28

Je t'en prie UFO, c'est la moindre des politesses de ma part... Et ça y est, paf, le 49-3! Je vais poster mon désappointement ce soir face à ce tour de passe-passe... En attendant, un dernier petit témoignage, du Monde, et j'arrête de te polluer avec ça, pour montrer que la gauche parlementaire a quand même fait son boulot :"Il restait dans l'hémicycle moins d'une quarantaine de députés (26 UMP, 1 UDF, 9 PS, 1 PCF et 1 Verte) lorsque l'amendement du gouvernement au projet de loi sur l'égalité des chances a été soumis au vote. A lui seul, il aura demandé cinq séances et près de vingt heures de discussion : l'équivalent d'un texte de loi habituel. Mais, au terme d'une longue guérilla parlementaire et de 180 sous-amendements défendus en séance, l'opposition a dû rendre les armes."

UFO 09/02/2006 14:25

de toute façon ils utiliseront le 49-3 si c'est trop lent pour eux, j'avais déjà vu ta réponse sur le sité d'écriture, mais merci de me la recopier ici aussi :)

Fredogino 09/02/2006 14:23

Et hop:Ahh, UFO... déjà on parle de la nuit, et les séances de nuit c'est très souvent, tous les députés ne peuvent y être présents... Ensuite, quand le groupe d'opposition est plus nombreux au moment du vote que le grope majoritaire, des rabatteurs vont chercher voire réveiller des parlementaires (ça se fait aussi au Sénat) de la majorité pour qu'ils viennent voter. Si un scrutin public est décrété, chaque camp récupère des dérogations pour l'ensemble de ses députés et le score est exactement le reflet du nombre de parlementaires dans chasue groupe politique... Et là, l'opposition est très petite...Voilà, je t'avais réépondu ça. Je comprends ta déception mais je trouve que la gauche institutionnelle s'est vraiment (et continue) de bien s'opposer. L'objectif: repousser le vote à après les vacances, pour permettre une nouvelle mobilisation. C'est la seule arme dont dispose l'opposition puisque tous les pouvoirs sont dans le mains de la droite.Amicalement.