Les statisticiens du chômage sont en grève

Publié le par UFO

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Ils s'opposent à la publication d'estimations non fiables, selon eux, du nombre de chômeurs qui serait en baisse. Le mouvement est "assez suivi" selon les syndicats.

Les syndicats et des personnels de la Dares, le service d'études du ministère de l'Emploi, appelaient à la grève, jeudi 26 avril, pour s'opposer à la prochaine publication d'estimations non fiables, selon eux, du chômage. Le mouvement était "assez suivi", selon les syndicats. La Direction de l'animation de la recherche et des statistiques du ministère de l'Emploi (Dares) n'était pas en mesure à la mi-journée de préciser le nombre de grévistes. Une centaine de chargés d'études, chercheurs ou statisticiens se sont rassemblés à l'heure du déjeuner devant la tour abritant la Direction générale du travail et la Dares à Paris (XVe).

Contrairement au rassemblement qui a eu lieu pour les mêmes raisons la semaine dernière, les grévistes sont venus avec des banderoles réclamant "Un service public neutre et indépendant contre la manipulation politique".
Les grévistes scandaient des slogans ironisant sur "le ministère de la baisse des chiffres du chômage" ou les "chiffres du chômage génétiquement modifiés".

"Vendredi prochain, notre direction va continuer à légitimer une estimation mensuelle du taux de chômage qui ne trompe que ceux qui le veulent bien", déclarent-ils dans un communiqué. Cet appel a été décidé lors d'une assemblée générale des personnels et des organisations CGT, SYNTEF-CFDT, FO, SNU/FSU et Unsa. La semaine dernière, une centaine d'agents de la Dares, de l'Insee et de l'ANPE s'étaient rassemblés devant la tour Mirabeau, dans le XVe arrondissement de Paris, pour demander à leur direction respective de ne pas publier la prochaine estimation mensuelle des chiffres du chômage entre les deux tours de l'élection présidentielle.

En janvier, l'Insee avait décidé de ne pas publier l'enquête emploi pour 2006 menée par ses services et contredisant la baisse du chômage affichée par le gouvernement. Selon les syndicats, la direction de la Dares a "participé à la mascarade" en refusant d'utiliser des études de ses propres services, qui expliquent comment "des modifications de la gestion de la liste de chômeurs par l'ANPE conduisent, depuis 2005, à une sous-estimation du nombre réel de demandeurs d'emploi." "La crédibilité de la Dares et plus largement du système statistique public est en jeu. C'est donc avec la même exigence que le personnel fera grève jeudi 26 avril pour s'opposer à la publication du chiffre du chômage de mars prévue le vendredi 27", précisent-ils dans leur communiqué.


Source : NouvelObs.com

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